Malus 2027 : le seuil descend encore
Mis à jour le 16 septembre 2026Lecture 3 min

Le durcissement du malus automobile n’est pas décidé année par année : une trajectoire pluriannuelle a été votée, et l’étape 2027 est déjà écrite. Elle poursuit le même mouvement — un seuil de déclenchement qui descend, donc des véhicules qui deviennent taxables sans avoir changé. Dans cet article, découvrez ce qui est voté pour 2027, ce qui ne bouge pas, le sort particulier des hybrides, ce que cela signifie concrètement, et la réserve qu’il faut garder à l’esprit.
1. Ce qui est voté pour 2027
La loi de finances pour 2025 a programmé un relèvement progressif du barème du malus automobile entre 2025 et 2027. Chaque 1er janvier, le seuil de déclenchement du malus CO2 descend.
La progression est régulière :
- 2025 : déclenchement à 113 g de CO2/km
- 2026 : 108 g
- 2027 : 103 g, soit cinq grammes de moins encore
Autrement dit, en trois ans, le seuil aura baissé de quinze grammes. Un véhicule émettant 105 g n’était pas taxé en 2025 ; il ne le sera toujours pas en 2026 ; il le deviendra en 2027.
2. Ce qui ne change pas
Deux éléments restent stables, et il est utile de le dire car des chiffres contradictoires circulent.
Le montant maximal reste fixé à 80 000 €. Un relèvement à 90 000 € a été envisagé au cours des débats budgétaires, mais il n’a pas été retenu. Le plafond de 80 000 € demeure.
Le principe du plafond commun demeure lui aussi : le montant cumulé du malus au poids et du malus CO2 ne peut pas dépasser le montant maximal du malus CO2.
De même, les exonérations existantes ne sont pas remises en cause par cette trajectoire : véhicules électriques et à hydrogène pour le malus CO2, situation de handicap, réduction pour les familles nombreuses.
3. Le cas des hybrides
Les véhicules hybrides bénéficient d’un traitement spécifique en 2027 : un abattement de 95 g/km est appliqué lorsque leur première immatriculation intervient au cours de cette année-là.
C’est loin d’être anecdotique. Cet abattement se soustrait aux émissions retenues pour le calcul, et il place de fait une grande partie des hybrides sous le seuil de déclenchement.
Attention toutefois à ne pas confondre les deux malus. Depuis le 1er janvier 2025, les hybrides rechargeables dont l’autonomie électrique en ville dépasse 50 km ne sont plus exonérés du malus au poids ; ils bénéficient d’une réduction, ce qui n’est pas la même chose qu’une exonération.
4. Ce que ça veut dire concrètement
La mécanique est peu intuitive, alors prenons-la par l’autre bout.
Le barème ne se contente pas de descendre : il est progressif. Chaque gramme au-dessus du seuil coûte plus cher que le précédent. Abaisser le seuil ne fait donc pas qu’ajouter de nouveaux véhicules taxés — cela renchérit aussi tous ceux qui l’étaient déjà, puisqu’ils se retrouvent plus haut dans le barème.
Les catégories les plus exposées sont celles qui tournent autour du seuil : les motorisations essence de moyenne cylindrée, les véhicules familiaux, les modèles les plus vendus dans leur version la mieux équipée. Une transmission automatique, des jantes plus grandes, une motorisation légèrement plus puissante suffisent souvent à faire franchir la limite.
Le conseil pratique n’a pas changé : comparez les émissions entre versions d’un même modèle avant d’acheter, pas seulement les prix catalogue. L’écart de malus peut dépasser l’écart de prix entre deux finitions.
5. La réserve à garder à l’esprit
Un point d’honnêteté s’impose : cette trajectoire est celle votée à ce jour.
Le projet de loi de finances pour 2027 est en cours de discussion, et la fiscalité automobile fait partie des sujets régulièrement rouverts à cette occasion. Les seuils, les barèmes et les abattements décrits ici peuvent être modifiés avant leur entrée en vigueur — c’est déjà arrivé, dans les deux sens.
Ce qui précède décrit donc l’état du droit tel qu’il est voté, pas une certitude sur ce qui s’appliquera le 1er janvier 2027. Nous mettrons cet article à jour lorsque le budget sera définitivement adopté.
6. Anticiper
Si un achat est envisagé à cheval sur le changement d’année, une règle simple suffit : c’est la date de première immatriculation en France qui détermine le barème applicable, pas la date de commande ni celle de la facture.
Sur un véhicule situé juste au-dessus du futur seuil, immatriculer avant le 31 décembre plutôt qu’en janvier peut représenter plusieurs centaines d’euros. Cela suppose que le dossier soit complet à temps — et en fin d’année, les délais s’allongent.
Deux valeurs à relever avant de vous engager, quel que soit le millésime : les émissions de CO2, au repère V.7 du certificat d’immatriculation, et la masse en ordre de marche, au repère G.1. Sur un véhicule pas encore immatriculé en France, elles figurent sur le certificat de conformité européen.
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