ZFE : où en est-on en septembre 2026 ?

Mis à jour le 16 septembre 2026Lecture 4 min

ZFE : où en est-on en septembre 2026 ?

Peu de sujets automobiles auront produit autant de bruit pour autant d’incertitude. Les zones à faibles émissions ont été annoncées, étendues, contestées, et leur suppression a été votée à plusieurs reprises sans jamais aboutir. Résultat : beaucoup d’automobilistes ne savent plus ce qui s’applique réellement. Cet article fait le point au 16 septembre 2026 : ce qui est en vigueur aujourd’hui, les villes concernées, les dérogations existantes, où en est le feuilleton législatif, et comment savoir si vous êtes concerné.

Le dossier étant mouvant, cet article est daté. Vérifiez la date ci-dessus avant de vous y fier.

1. Ce qui s’applique aujourd’hui

Malgré les annonces de suppression, le cadre légal est toujours en vigueur. Les zones à faibles émissions découlent de la loi d’orientation des mobilités de 2019 et de la loi Climat et résilience de 2021, et aucune de ces dispositions n’a été abrogée à ce jour.

Concrètement, la dernière étape du calendrier a pris effet le 1er janvier 2025 : les véhicules classés Crit’Air 3 ne sont plus autorisés à circuler dans plusieurs grandes agglomérations.

Pour situer les véhicules concernés, la vignette Crit’Air 3 correspond aux diesels immatriculés entre 2006 et 2010 et aux essences immatriculées entre 2000 et 2010.

2. Quelles villes, quelles restrictions

Un point important est passé largement inaperçu : le durcissement aux Crit’Air 3 a été réservé aux territoires qui dépassent régulièrement les seuils réglementaires de qualité de l’air. À ce jour, ce sont Paris et Lyon.

Les véhicules portant les vignettes Crit’Air 3, 4 et 5 sont concernés par des interdictions à Paris, Lyon, Montpellier et Grenoble.

Les modalités varient d’une métropole à l’autre, et cette variation est la principale source de confusion. À titre d’exemple, à Paris et Grenoble, les restrictions ne s’appliquent pas la nuit, les week-ends et les jours fériés pour les voitures et les deux-roues. Ce n’est pas le cas partout.

Conclusion pratique : il n’existe pas de règle nationale unique. Ce qui compte, c’est le règlement de la métropole où vous circulez, pas une règle générale lue dans un article.

3. Les dérogations

Elles sont plus nombreuses qu’on ne le croit, et elles sont sous-utilisées.

Le Pass ZFE permet de circuler un certain nombre de jours par an quelle que soit la vignette du véhicule. Le quota dépend de la métropole :

  • 12 jours par an à Grenoble
  • 24 jours à Paris
  • 52 jours à Lyon et à Montpellier

C’est la réponse à la situation la plus courante : celle de l’automobiliste qui ne se rend qu’occasionnellement dans une ZFE — un rendez-vous médical, une visite familiale — et pour qui changer de véhicule serait absurde.

Des exemptions nationales existent par ailleurs, notamment pour les personnes en situation de handicap titulaires d’une carte mobilité inclusion portant la mention stationnement.

Des dérogations locales s’y ajoutent, décidées par chaque collectivité — professionnels, véhicules de collection, situations particulières. Là encore, elles se vérifient auprès de la métropole concernée.

4. Le feuilleton législatif

C’est ici que la situation devient inhabituelle, et il faut la décrire sans la caricaturer.

Une proposition de loi visant à supprimer l’obligation de créer des ZFE a été déposée en mars 2025. Depuis, la suppression a été votée à quatre reprises au Parlement, par voie d’amendement, sur différents véhicules législatifs. Aucun de ces votes n’a débouché sur une adoption définitive, le vote final ayant notamment été retiré de l’ordre du jour.

La situation est donc paradoxale : un dispositif contesté, dont la suppression a été votée plusieurs fois, et qui reste néanmoins pleinement applicable.

Il faut en tirer une conséquence pratique, qui est l’essentiel de cet article : les votes intermédiaires ne changent rien au droit en vigueur. Tant qu’un texte n’est pas définitivement adopté et promulgué, les interdictions s’appliquent, et les amendes qui les sanctionnent aussi.

5. Comment savoir si vous êtes concerné

Trois questions, dans l’ordre :

  • Quelle est la vignette Crit’Air de votre véhicule ? Elle dépend de la motorisation et de la date de première immatriculation, au repère B de la carte grise. Si vous n’avez pas de vignette, elle se commande sur le site officiel ; méfiez-vous des sites qui la revendent bien plus cher.
  • Où circulez-vous ? Les ZFE sont délimitées géographiquement, souvent à l’intérieur d’un périphérique ou d’un anneau routier, et les limites ne recoupent pas les frontières communales.
  • Quand circulez-vous ? Les plages horaires et les exceptions de week-end changent tout dans plusieurs métropoles.

Des outils publics permettent de vérifier, pour une plaque donnée et une adresse donnée, si la circulation est autorisée. C’est la seule vérification qui vaille : la réglementation est locale, et elle évolue.

6. Ce qu’il faut en retenir

Si vous ne deviez garder que quatre points :

  • les ZFE existent toujours, malgré les votes de suppression
  • le durcissement aux Crit’Air 3 concerne un nombre limité d’agglomérations, pas toute la France
  • les dérogations, à commencer par le Pass ZFE, règlent la plupart des situations occasionnelles
  • la règle applicable est celle de la métropole, et elle se vérifie avant de partir

Un dernier mot sur la carte grise, puisque c’est notre métier : la vignette Crit’Air est attachée au véhicule et se commande à partir des informations de son certificat d’immatriculation. Si votre carte grise comporte une erreur sur l’énergie ou sur la date de première mise en circulation, la vignette obtenue peut être fausse — et une vignette fausse ne vous protège d’aucune amende. Il vaut donc mieux faire corriger le certificat avant de commander la vignette.

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