Malus CO2 et malus au poids : ce qui a changé en 2026
Mis à jour le 6 septembre 2026Lecture 5 min

Les deux malus qui s’ajoutent au prix d’une carte grise ont été durcis au 1er janvier 2026, et une seconde étape est intervenue au 1er juillet, qui met fin à l’exonération totale des véhicules électriques sur le malus au poids. Dans cet article, découvrez les barèmes applicables, le plafond commun aux deux taxes, les exonérations et réductions qui subsistent, le cas particulier des véhicules importés, et où lire les valeurs qui déterminent votre facture.
1. Le malus CO2
Le malus sur les émissions de dioxyde de carbone se déclenche désormais dès 108 g de CO2/km, soit 5 g de moins qu’en 2025. Le mouvement est constant depuis plusieurs années : le seuil descend chaque année, et des véhicules qui n’étaient pas taxés le deviennent sans avoir changé.
À l’autre extrémité du barème, le montant maximal reste fixé à 80 000 €, atteint pour des émissions égales ou supérieures à 192 g/km.
Entre les deux, le barème est progressif : chaque gramme supplémentaire coûte plus cher que le précédent. C’est ce qui explique qu’un écart de quelques grammes entre deux versions d’un même modèle — une motorisation un peu plus puissante, des jantes plus grandes, une transmission différente — puisse se traduire par plusieurs centaines d’euros d’écart sur la carte grise.
2. Le malus au poids
Le malus sur la masse en ordre de marche se déclenche à partir de 1 500 kg au 1er janvier 2026, contre 1 600 kg auparavant. Le barème s’étend :
- 10 € par kilogramme pour la fraction comprise entre 1 500 et 1 699 kg
- jusqu’à 30 € par kilogramme pour la fraction à partir de 2 000 kg
Ce seuil de 1,5 tonne mérite d’être noté : il ne concerne plus seulement les grands véhicules. Beaucoup de familiales et de SUV compacts, y compris hybrides, franchissent ce cap — et les batteries pèsent lourd, ce qui rattrape des véhicules dont on n’attendait pas qu’ils soient taxés au poids.
Autre nouveauté de 2026 : les véhicules de la catégorie N1 de type « camion », classés hors route et comportant au moins cinq places assises, entrent dans le champ des deux taxes. Cette catégorie servait jusqu’ici de voie d’évitement fiscale pour certains modèles.
3. Le plafond commun
Les deux malus se cumulent, mais leur total est plafonné : le montant cumulé du malus au poids et du malus CO2 ne peut pas dépasser le montant maximal du malus CO2, soit 80 000 € en 2026.
En pratique, ce plafond ne concerne qu’une poignée de véhicules d’exception. Pour l’immense majorité des dossiers, les deux taxes s’additionnent simplement, et c’est le malus CO2 qui pèse le plus lourd.
4. Les exonérations et les réductions
Plusieurs dispositifs viennent alléger ou supprimer ces taxes.
Les véhicules électriques et à hydrogène sont exonérés du malus CO2. C’est logique : leurs émissions à l’échappement sont nulles.
Le handicap. Un véhicule acquis par une personne titulaire de la carte « mobilité inclusion » portant la mention « invalidité », ou par une personne dont un enfant mineur ou à charge du même foyer fiscal en est titulaire, bénéficie d’une exonération.
Les familles nombreuses. Un foyer assumant la charge effective et permanente d’au moins trois enfants bénéficie, pour un véhicule de tourisme d’au moins cinq places :
- d’une réduction de 20 g de CO2/km par enfant sur le malus CO2
- d’un abattement de 200 kg par enfant sur la masse en ordre de marche
- d’une réduction de 1 cheval fiscal par enfant sur la puissance administrative, qui allège la taxe régionale
Cet avantage est limité à un seul véhicule d’au moins cinq places par foyer. Et lorsque plusieurs réductions sont possibles pour un même véhicule, c’est la plus favorable qui s’applique, pas leur cumul.
5. Le tournant du 1er juillet 2026 pour les électriques
C’est le changement le moins commenté et pourtant le plus structurant. Depuis le 1er juillet 2026, les véhicules électriques ne sont plus totalement exonérés du malus au poids : la taxe leur est applicable, avec un abattement de 600 kg sur la masse en ordre de marche.
L’exonération du malus CO2 demeure — un véhicule électrique n’émet rien à l’échappement — mais l’argument du poids ne lui bénéficie plus intégralement. C’est cohérent avec la logique de la taxe, qui vise l’emprise matérielle du véhicule et non ses seules émissions : une berline électrique de deux tonnes reste une berline de deux tonnes.
Concrètement, l’abattement de 600 kg protège les citadines électriques, dont la masse en ordre de marche reste sous le seuil une fois l’abattement appliqué. Il ne protège pas les grands SUV électriques, dont la masse dépasse largement 2 100 kg.
6. Le cas des véhicules importés d’occasion
C’est la situation qui produit le plus de mauvaises surprises, et elle mérite qu’on s’y arrête.
Un véhicule acheté à l’étranger et immatriculé pour la première fois en France est soumis au malus, même s’il est d’occasion et même s’il roulait depuis des années dans son pays d’origine. Beaucoup d’acheteurs ne le découvrent qu’au moment de la démarche, après avoir négocié un prix qui semblait avantageux.
Un mécanisme atténue toutefois la facture : un abattement de 10 % par période de douze mois entamée depuis la première immatriculation à l’étranger s’applique au montant du malus. Un véhicule immatriculé pour la première fois il y a trois ans et demi bénéficie ainsi de quatre périodes entamées.
À l’inverse, un véhicule déjà immatriculé en France qui change simplement de propriétaire n’est pas soumis à nouveau au malus : il a été acquitté lors de sa première immatriculation. C’est une différence de coût importante entre acheter en France et faire venir le même modèle de l’étranger, et elle doit entrer dans le calcul avant l’achat.
7. Où lire les valeurs qui déterminent votre facture
Deux valeurs commandent l’essentiel du montant, et elles sont écrites noir sur blanc.
- les émissions de CO2, au repère V.7 du certificat d’immatriculation
- la masse en ordre de marche, au repère G.1
Sur un véhicule qui n’est pas encore immatriculé en France, ces deux valeurs figurent sur le certificat de conformité européen, et généralement sur la carte grise étrangère.
Le réflexe utile, avant de vous engager sur un achat : relevez ces deux chiffres et la date de première immatriculation, et faites estimer le coût total de la carte grise. Le malus n’est pas une taxe qu’on règle plus tard — il fait partie du prix du certificat d’immatriculation, payé au moment de la démarche. Sur certains véhicules, il représente à lui seul la quasi-totalité de la facture, et il vaut mieux le découvrir avant la signature qu’après.
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